Diarrhée des porcelets - Pourrait-il être le Clostridium?

Les diarrhées néonatales peuvent avoir plusieurs causes telles que des bactéries, des virus ou des parasites. Même si l’une des causes bacteriennes principales est (et reste) l’E.coli Entérotoxinogène (ETEC), on voit de plus en plus de cas où le Clostridium est un agent responsable de diarrhée chez le porcelet.

En effet, des études ont démontré que le Clostridium perfringens de type A et C ainsi que le Clostridium difficile peuvent être la cause des diarrhées néonatales.

Clostridium perfringens de type C

Le Clostridium perfringens de type C est un agent responsable de l’entérite nécrotique, et dans des cas plus graves, peut causer des diarrhées hémoragiques. Le type C secrète des toxines aussi bien de type alpha que bêta. Les symptômes se manifestent en général chez les très jeunes porcelets, en moyenne trois jours après la naissance. Dans les portées issues de truies non immunisées, la mortalité peut atteindre 100 %.

Clostridium perfringens de type A

Bien que l'on considérait C. perfringens de type A comme faisant partie de la flore intestinale normale du porc, on a récemment démontré que cette bactérie peut être impliquée dans des maladies intestinales sous certaines conditions. La détection de C. perfringens de type A est souvent fondée sur les symptômes cliniques, des examens histologiques, l’isolement d’un grand nombre de Clostridium, surtout en l’absence d’autres agents pathogènes, ainsi que sur la mise en évidence de présence de toxines. Le type A produit de la toxine alpha, mais pas de la toxine beta. Certaines souches produisent une enterotoxin très virulente liée a la sporulation.

Il a été démontré que la forme végétative et les spores provoquent des symptômes différents. Sous forme de spores, le C. perfringens cause une diarrhée forte, liquide, mais de courte durée. La forme végétative a tendance à se manifester par une diarrhée pâle de consistance pâteuse. Le taux de mortalité est faible, mais la morbidité peut être significative. (Diseases of Swine, 8ème édition, 1999)

Clostridium difficile

Une étude menée par Yaeger et al à l’Université du Wisconsin( J.Vet Diagn Invest, juillet 2002) a montré que C. difficile est de plus en plus souvent responsable des diarrhées néonatales. Dans cette étude sur les pathogènes présents sur 100 de diarhees néonatales, la présence d’au moins une toxine a été mise en évidence dans 55 % des cas, ce qui démontre "l'emergence du C. perfringens comme un pathogene considerable des porcelets nouveaux-nés.

Le C. difficile est rarement mis en culture a cause de ses conditions de croissance anaérobiques strictes, mais il peut etre un pathogène à prendre en considération lorsque les analyses excluent d’autres causes entériques.

Les différentes options de tests

Lorsque l’on soupçonne que le C. perfringens est l’agent responsable, il est recommandé de soumettre au laboratoire un morceau d’intestin sous forme d’une boucle dont les extrémités sont nouées. Celle-ci peut être accompagnée d'ecouvillons rectaux pour détecter la présence d’E.coli entérotoxinogène.

Un test ELISA peut être effectuer sur le contenu intestinal pour déterminer la présence d'entérotoxine et les organismes isolés peuvent être génotypés avec le méthode PCR pour donner un idententification du typage et confirmer la présence de gènes de toxine. Les tests ELISA et l’amplification d’ADN sont souvent effectués par votre laboratoire régional.

Il est également possible de détecter la présence des toxines de C. difficile dans le contenu intestinal ou les fèces par un test ELISA. Une fois la responsabilité de C. difficile envisagée, la boucle d’intestin ou un porcelet vivant devrait etre envoyé à un laboratoire régional équipé pour effectuer une culture anaérobique. Vous pouvez indiquer sur la demande d’analyse que l’on soupçonne la présence de C. difficile.

Conséquences pour l’utilisation de bactérines autogènes

Le recours a la vaccination des truies pour contrôler le C. perfrigens de type C chez les porcelets est une pratique courante.

La confirmation de la présence de toxine et les analyses pour exclure d’autres agents pathogènes, comme les virus ou parasites, aident à attester que le C. perfringens de type A est le pathogène principal et améliore les résultats constatés avec la bactérine.

Nous avons de l'expérience dans le mélange des bactérines Clostridium incluant les souches de C. difficile, de C. perfringens et de E. coli pathogènes qui peuvent affectés les troupeaux.